Le Sall-maritain électoraliste (Par Adama Gaye)

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Le Sall-maritain électoraliste (Par Adama Gaye)
Le Sall-maritain électoraliste (Par Adama Gaye)

Le puzzle est en place. Comme en 2018, Macky Sall a déclaré l’année 2023 une cuvée sociale. Pour reproduire en 2024 ce qu’il avait fait l’année d’après 2018, qui fut celle de la dernière présidentielle.

Plus personne ne doit douter que son intention est de se présenter à la prochaine mère des batailles électorales.

Tous les signaux l’indiquent. La mobilisation des journalistes mercenaires qui sont les fers de lance de son Comité Spécial Insultes et Invectives dévoilé par la transfuge Mimi Touré. La visite nocturne des taupes de l’opposition chez Elimane Lam pour sauver leur peau face à la justice, se faire du blé et comploter pour lui. L’installation au Perchoir du flasque Amadou Mame Diop, inconnu au bataillon des combats démocratiques, dont le principal fait d’armes est d’être l’une des marionnettes de la Faye-Sallie, bras armé de leurs entreprises de corruption et de dévoiement de la démocratie. Même le recyclage du périmé faussaire, nullard, Milouche, dans le secteur pétrogazier n’est destiné qu’à récolter les fruits de la corruption des entreprises pour financer, d’abord au Nord, surtout par le Neddokobanditisme, les troupes électorales éthnicisées.

La stratégie, ici, est de reproduire une recette ayant fait ses preuves au Gabon où la « victoire » de l’actuel tenant du pouvoir fut obtenue par un vote de 100 pour cent en sa faveur dans la province du Haut Ogoué, sa région ethnique. Sachant que le reste du Sénégal lui a tourné le dos, Macky Sall mise sur un vol complet des suffrages dans le Fouta.

Il compte aussi sur les Chefs religieux qu’il a commencé à courtiser à nouveau, de Touba à Tivaouane,Thiès, Thiénaba…Ceux d’entre eux qui se démarquent, il leur applique sa méthode, la forte: « gens ordinaires », comme il les considère, il n’a pas peur de les affronter, voire de les écraser. Sans foi! Ce sera la guerre. C’est la raison pour laquelle il a même commis le sacrilège d’entraîner l’armée dans son dispositif politicien, en passant par ses pans les plus corrompus, le très minable Général Mansour Seck et le mercenaire Colonel El Hadj Momath Seynabou Thiam en tête. La Grande muette, son Chef d’Etat Major, le premier, se tait devant cette rupture d’un consensus de vieille tradition écartant les militaires des contingences politiciennes, au risque de se rendre alliée de la forfaiture qu’entreprend, contre toute règle, le fâcheux qui mal-gouverne ce pays.

Dans sa panoplie pour rendre possible ce que la morale récuse même si le droit peut le lui permettre, il a entrepris aussi d’anesthésier, en la divisant, mais aussi en lui tordant le bras, l’opposition qu’il sait truffée de pions et espions, amateurs de chères et de sous, prêts à se vendre. La Loi d’Amnistie qu’il agite n’est certes pas portée que par un souci de rétablir dans le jeu électoral certains de ses membres qui traînent des casseroles financières, comme Karim Wade et Khalifa Sall. C’est un loto gagnant sur plusieurs fronts: il s’aménage aussi sa propre absolution pour ne pas tomber dans le piège de la reddition des comptes, qu’il sait mortelle pour lui.

Dans le processus, il divise l’opposition. La cerise sur le gâteau serait, pense-t-il, la neutralisation de tous ses ennemis les plus dangereux: le procès Ousmane Sonko est revenu à l’ordre du jour, avec, en unique conclusion, la condamnation, l’éviction, de ce dernier de la course électorale; l’exclusion de Mimi Touré de l’Assemblée nationale pour en refaire un poisson hors de l’eau, réduite à gigoter sur les trahisons qu’elle a subies; enfin, au moyen des forces dévoyées de la justice et de défense, de la police, s’assurer de maintenir une épée de Damoclès sur la tête de tous ses pourfendeurs -jetés au fond de cellules carcérales ou contraints, comme votre serviteur, à un exil parce que ne se sentant plus en sécurité dans un Sénégal qu’il a transformé en assassinatorium grandeur-nature.
Depuis mercredi, depuis le dernier Conseil des Ministres, il a mis le couvercle final à son plan de guerre en annonçant qu’il allait faire du budget national un budget de guerre pour vaincre les ultimes réticences de la grande masse de la population. En consacrant plus de 2000 milliards de francs CFA d’un budget total de 6400 milliards de francs CFA l’an prochain à des causes sociales, il ne cache pas son ambition de corrompre à tout-va des Sénégalaises-Sénégalais n’ayant plus d’autre choix que de tendre la sébile, d’attendre les maigres sommes qu’il est disposé à leur filer, appliquant la vieille mais inopérante stratégie du « tax-and-spend ». L’argent du contribuable sera donc dépensé pour lui garantir une base électorale par la corruption. Le peuple a beau ne plus vouloir de lui mais que peut-il faire face à la faim qui le ronge et aux nuits d’insomnies qu’il vit sous la menace de la cherté de la vie, les incertitudes sur son avenir et la précarité, son horizon?

Les dés sont jetés. L’opposition, par sa petitesse, son sectarisme, ses louvoiements et ses limites managériales et intellectuelles lui facilite la tâche. La diplomatie internationale, Macron en tête, ferme les yeux, quitte à payer les conséquences d’une solution radicale qu’un peuple révolté et ulcéré peut, à tout moment, transformer en déferlante vers cet homme dont les micmacs ont fini par le muer en chaudron prêt à exploser. Joe Biden aura-t-il le courage de se défier de cet individu qui tue et torture? Le Sommet USA-Afrique lui en offre l’occasion.

Le Sall-maritain électoraliste n’hésitera devant aucune ignominie pour forcer la voie vers un autre mandat électoral en 2024 en s’appuyant sur les multiples leviers qu’il a déjà déclenchés, dont le social n’est que l’expression de sa prévisibilité, signe de son manque d’imagination, de sa médiocrité, de sa dimension d’antidémocrate.

Etre prévisible en politique est le pire des défauts, enseignent les Anglais, champions de l’under-statement… Il est temps que le peuple Sénégalais démonte les ruses, trop grosses, pour mettre fin à sa dictature indigne de tout ce que notre pays représente. Toutes les digues sont rompues: le Sénégal n’a qu’une seule voie pour échapper au funeste sort que lui prépare celui à qui il a imprudemment offert les rênes de sa destinée. L’affronter!

Adama Gaye* est un exilé opposant au régime de Macky Sall et à ses opposants corrompus et complices de ses menées.

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